vendredi 28 avril 2017

Aine O'Dwyer



Des tonnes de bonshommes en chute comme la pluie des corps, Aine chante la messe des gens qui tombent à la pelle, de toute façon, on va finir par être trop nombreux. Mâchons la terre en nids sous nos cache-moineaux, peut-être le ciel va pleuvoir les hommes.

Aine harpiste irlandaise nous livre un tableau liturgique ambiant, un doux rêve apocalyptique.

Aine O'Dwyer 2017 « Locusts » label : fort evil fruit

mercredi 26 avril 2017

Rodolphe Burger 2017




Un blues hexagonal ambiant résonne dans l’air du temps, grave comme le timbre de Burger, un gris pétrole sur des regards fuyants, du venin alentours et des envies en miettes, des lubies en lambeaux, on tourne en rond et ne respire plus. La légèreté dans les godasses.

La planète endolorie flotte dans le noir limpide, on se fane et s’assèche. Toutes les forces s’amenuisent.

Jamais je n’ai trouvé un album de Rodolphe Burger aussi beau.


Rodolphe Burger 2017 « Good » label : dernière bande



lundi 24 avril 2017

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales


Deutsche Grammophon semble vouloir se rapprocher du populaire, le grand classique se fraye une voix vers le néo-classique. Max Richter, Simon Ghaichy... Jarvis Cocker & Chilly Gonzales les nouveaux invités. 

Les paysages modernes s'installent dans l'académique tout en préservant une certaine teinte de solennelle. Improbable collaboration, voix de crooner d'une brit pop pulpeuse avec les notes mariées d'un pianiste en poupe à travers un doux tableau cinématographique. Le piano se fond si bien au timbre qu'on se demande bien pourquoi ces épousailles semblent plausibles. Une évidence.
A la vue d'une telle affiche, imaginant le tempérament des loustics, j'écoute ce rêve acoustique prendre matière, ce conte néoclassique populaire hébergé chez Deutsche Grammophon.

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales 2017 « Room 29 »
label : Deutsche Grammophon






samedi 22 avril 2017

Deep Purple 2017



Deep Purple sur un iPod de récupe dans un TER grande ligne, ça craint un max, c'est pourtant hype et vachement swag, pourtant les yeux se dirigent sur moi, dubitatifs, comme si ma bite avait un goût, heureusement que j'ai pas sorti ma galette blanche « 100 seconds magic esp » qui lit les CD mais aussi les CD MP3 s'il vous plaît. Mon casque fonctionne encore avec des fils qui rentre dans ma besace, branché sur quoi ? Un jour ils vont me taper ou me foutre en zonzon à la peine pour les ringards, c'est bientôt demain la veille. Dedans, quitte à en rajouter, il y a le nouveau Deep Purple.

Quelle est jolie cette journée de silence politique. Profitons jusqu'à plus soif, du silence des porcheries.

Le cockpit en caveau, j'ai l'éphémère impression que « Infinite » me jette une pelletée de charbon pour que cette loquasse loco ne s’arrête un jour, dans quelques instants. Trajet quotidien, cette routine musicale, l'espace d'une heure a délayé l'espace temps, oh, juste à l'entre de deux gares. En boucle « Johnny's Band » revient comme ça à l'unisson et je suis sur le quai comme un con, empourpré à me demander ce que je fous déjà ici à la perpendiculaire d'un bleu cobalt en transe, et à la verticale d'un ciel outremer sans fond alors que tout le monde s'affaire. Ça va passer, je prends quelques poignées de minutes pour me purger la chaudière avec ce heavy prog et je reviens, repars, j'arrive.

Deep Purple 2017 « Infinite » label : ear music




lundi 17 avril 2017

Fink 2017





La puissance de feu de Fink n'est pas dans les watts, pas dans la force des volumes. Fink, je le connais déjà pour quelques disques soul plus tonitruant, avec des productions moins silencieuses sous les tuiles de Ninja Tune. Depuis 2000 ce groove british attire mon attention.
« Fink's Sunday Night Blues Club » dégage une énergie intrinsèque qu'il faut aller puiser à travers un gospel soul sourd de blues introverti. Des braises qui ne demandent qu'à brûler.


Crépuscule urbain flamboyant et le feu déjà est passé, grillant presque tout sur son sillage. Juste à travers les fumées rouillées, la silhouette imposante de l'artiste se détache, comme l'unique survivant. Grave et cuivré, l'envergure en cinémascope, blues apocalyptique, slide coupant, chamanique et chaud, c'est une heure dorée fantomatique.

Fink 2017 «  Fink's Sunday Night Blues Club » label : ninja tune

vendredi 14 avril 2017

Karen Elson 2017



Ni photo, ni people, ni age, c'est de l’honnêteté à l'état pur si mon affect est grisé par cet opus, sans imposture aucune, je ne sais même pas à quoi elle ressemble, j'écoute le nouveau Karen Elson avec beaucoup de plaisir. Une nouvelle fois elle a mouché mes valves et ouvert grand mes esgourdes affamées. 

Je sais juste que ça vient de sortir, je ne connais pas son visage et pourtant sa voix de Maggie Reilly moins physique enchante ma rétine dans un petit instant de douceur. Dès la première chanson tout s'éclaire et devient limpide, « Wonderblind » me souffle un air frais comme savent le faire Isobel Campbell ou encore Joanna Newsom, la harpe iodée, la flûte romantique, l'orgue Manzarek..et ce chant, je suis foudroyé par l’honnêteté. « The End » au seuil de la porte, « Raven » à s'en étrangler.. le doux disque de Karen Elson a tout pour sincèrement me déstabiliser . Amoureusement anodin.

Karen Elson 2017 «Double Roses » label : play it again sam

mercredi 12 avril 2017

John Father Misty 17



Tiens, depuis 2012, je me suis attardé sur chaque album de John Father Misty, et même à l’époque de Fleet Foxes, voire Tillman.  Il semblerait que j’attache une attention particulière à cet artiste au collier généreux. Troisième album et voilà ce que je disais du précédent :
« The night Josh Tillman came to our Apt. », « When you're smiling and astride me », « Nothing good ever happens at the goddman thristy crow » voltigent comme un bal incessant, une improbable promenade sur une route de pavés jaunes. « I Love You, Honeybear » est une épopée musicale fantastique sous des traits fabuleux d'une pop majestueuse, multicolore qui nous emmène dans le musée Elton John.
C'est bariolé, moderne, c'est un conte édulcoré où des personnages féériques dansent.
 
Le nouvel album de Father John Misty est une clémence fauve et romantique. Ça tangue et embarque, on tourne éperdu dans un slow barbapapa. Un large carquois sonore nous plante le cœur dans un paysage mirobolant et luxurieux... chœurs, violons, synthé, pedal steel.. de la pop à plein poumon posé sur un manège de nougatine.

 
Cette écriture est comme un arbre en fleur, forsythia, prunus et cerisier, des branches d'envergure fantasmagorique qui collent à l'hyper production et les arrangements puissants « The ideal husband ».

Et toujours ce fantôme Elton John 70's qui définitivement m'invite sur « Bored in the USA ».
« I love you, Honeybear » tourne et tourne sans que je puisse arrêter cette folle envolée de pollen royal.


 
Pas très loin de Middlake ou des Fleet Foxes dont il était le batteur, Father John Misty c'est aussi J.Tillman chez Fargo ou Bella Union, Joshua son prénom et son folk d'hier à pris des hauteurs légères et fantastiques.

Je ne lâche rien, je persiste et radote, cet opus 2017 est même encore plus maîtrisé, plus haut le solennel des chansons, l’orchestration, les mélodies, aucun signe de faiblesse chez songwriter lyrique et poétique de la côte Est. C’est pourtant sur la côte Ouest que vient se poser une de ses plus belle chanson, un hymne à LA.

J’aime beaucoup ce nouveau Elton John Misty.
 

Father John Misty 2017 « Pure Comedy » label : sub pop


dimanche 9 avril 2017

Bob Seger 73



Retour aux 70's qui racoleNT toutes mes préférences, je vous présente un bon vieux disque de rock, rock'n'roll, soul pur cru, made in Detroit avec une des plus belle voix du genre, voire du monde. Quasiment introuvable pour ceux qui attachent une passion particulière à l'objet physique qui fait du son, ce « Back in 72 » est un petit joyau que j'ai gardé pour moi tout seul tout ce temps à l'écouter en boucle. Ouaih, mais je suis pas tout seul et j'ai aussi une furieuse envie de partager ce discret objet, comme on va donner son sang...c'est pour dire. Surtout et c'est pas négligeable, il y a dès la deuxième position du tracklisting, une petite chanson qui me rend paf et vulnérable, cherchez pas c'est perso.


Alors voilà, Bob Seger , vous en ai-je déjà parlé ?, c'est je crois bien la plus belle voix du rock, un pur produit de Detroit avec des lives fulgurants, un répertoire qui troue, des albums connus « Against the Wind » et d'autres beaucoup moins, comme celui-là ou encore « Seven », coincé entre la discographie du Bob Seger System et le Bob Seger and the Silver Bullet Band, tout ça en dit long sur la puissance de carrière, sur sa présence au sein de l'histoire du rock d'un endroit du monde comme un épicentre culturel..je vous ai dit qu'il était de Detroit, et qu'au tout début de ce disque là, le « Back in '72 », il y avait un petit bijou de ballade rock imparable comme savent faire les rockueurs ? Elle s'appelle « So i wrote you a son ».
Il n'est pas fréquent de se faire choper la main dans le bac avec cet opus là, peut être en vinyle quelque part chez un bon disquaire d'occas.


Sinon, je l'ai bien connue la « Rosalie », on s'est bouffé la bouche juste une soirée, son palais avec le parfum des meilleurs bourbons du Michigan, et son rouge à lèvre framboise en faisait les meilleurs kir de Detroit. Jamais elle m'a donné signe de vie, il m'aura fallu quelques semaines pour tourner la page. « Turn the Page ».. grand classique Seger, là ça rigole plus..je veux pas entendre moufter un drosophile.

J'vous balance un p'tit truc à moi, un Bob Seger de derrière les cageots avec une superbe pochette (:D) ... wok'n'woll.



Bob Seger 1973 « Back in '72 » label : palladium


jeudi 6 avril 2017

Orango



Blues rock de vieille guenille, du bon son un poil hardos au coffre haut perché, les Orango balancent un classique americana …. from Oslo.

Un disque pour les branleurs.

Orango 2017 « The Mules of Nana » label :stickman records

mardi 4 avril 2017

James Murray 2017



C'est un son de nappe à se laisser planer comme une seule guillemet. Je m'injecte le long son du nouveau James Murray sans aucun mot, planant sur le nacre étendu, toutes phrases ouvertes.
Bavardage sonore sur un déroulé en fuite, « Killing Ghosts » dévoile une certaine grâce à patiner sur un miroir satiné.

James Murray 2017 « Killing Ghosts » label : home normal

samedi 1 avril 2017

Claudine Longet 68




Un petit bonhomme à chapeau s'est baladé ce midi dans le parc de Choisy, il chantait « L’amour est bleu » avec sa partition griffonnée, comme une répétition, une représentation imaginaire. Errant au milieu des allées de marronniers à trépigner de la godasse il fredonnait cette mélodie  enchantée au travers des oiseaux du jardin et du brouhaha urbain des artères métropolitaines. 

Un air léger entre deux averses d’un petit bonhomme habité m’a amené vers Claudine Georgette Longet et la fin des années 60.  Fleur bleue,  décalage intersidéral d’un romantisme à fleur de peau, même la mélodie semble coller à l’air printanier.  
J’ai entendu  quelques badauds se moquer, je l’ai vu rager, vociférer, secouer sa feuille comme on donne un soufflet, j’ai sifflotait la mélodie en changeant d’époque assis au même endroit. Jazz pop, chansons.. j'ai découvert cette chanson officiellement grâce aux compilations "Dirty Diamonds", le 1er volume en 2003, une chanson que j’ai du entendre gamin, à force d’être persuadé de la connaitre déjà.
C’est un OVNI délicat, une chanson d'époque pour une courte carrière, un très bel album, c’est quelque chose de frais et de fou qui s’est passé ce midi dans le parc de Choisy.

Claudine Longet 1968 « Love is blue » label : A&M  

https://www.discogs.com/fr/artist/260322-Claudine-Longet






jeudi 30 mars 2017

Saez 2017



J’ai honte, je ne sais plus où me foutre, je ne sais plus quoi leur dire à mes deux grands. Ils vont devoir faire un choix quant au prochain résident de la république. Ils vont voter un président pour la première fois. Vaste dépucelage. J’ai envie de pleurer et de leur dire de construire avec tous les indépendants, les athées, un parti d’abstentionnistes à entendre, gueuler, bouder ou démissionner. Mais j’ai pas l’échine, le droit et je suis bien tenté par « démerdez-vous » j’ai la nausée. Urner pour éliminer l’horreur, calculer, écarter et bafouer ses convictions. Mais un chien peut en cacher un autre, c’est cuit. Faire en sorte de détruire un fion ou un pen-à-jouir, de garder ses idées hautes dans sa culotte… « des millions de pauvres… des millions de pauvres… », oui je sais, la pluie ça mouille.
Je les sens bien « plus partisane que cellophane » mes grands avec des « odeur de populaire », je leur dirai bien que j’aime le « petit matin au bistrot » et que je suis extrêmement Europe, mais pas celle là.. que j’ai jamais voté avant 2002 et que j'ai encore le sphincter attaqué, que j’irai bien vivre avec mes frères portugais au bout du continent .. Ne lisez pas les programmes, après c’est comme quand on ouvre la boite d’un big mac chit méga macron, rien à voir avec la photo du menu.

Mon grand est allé voir Damien Saez sur scène avec son amoureuse. « Peuple militant » .. peut être depuis, il s’est fait une idée, en tout cas ça vaut ce que ça vaut, mais moi je suis bien dans cette chanson là … voilà, démerdez-vous avec c’que vous avez, ce que vous savez et surtout ce que vous ne savez pas encore. J'écoutais bien Balavoine dans les années 80, et moi aussi j'avais peur de donner le pouvoir à un fou.
Les crevures se déchaînent, les urnes d’épuration frissonnent, la haine ne décante jamais et une quelconque ordure va monter sur le socle, la résistance va bouillir pour qu’on puisse se battre à la survie de l’amour pour l’autre… ah merde, je recommence mes conneries puériles, j’ai un devoir d’adulte buriné, de transmission et de conseil d’homme administré.. moi je vous dis ni fion ni pen-à-jouir.., je vais y aller, bien obligé, voter blanc ou noir, je vous aime mes grands.

Tiens moi ma découverte de Saez, c’est grâce à William Sheller comme beaucoup de quadra. Et déjà je préférais « Petit prince » et « Montée là-haut » à « jeune et con ». Et quelque soit les controverses, les médias et les rumeurs, tout ce qu’on dit et cette merveilleuse pochette censurée, j’écoute la verve infernale de ce Damien lunaire, Barbara, Brel, Renaud, DaSilva, Noir Désir..oui je sais ça va faire hurler.. ses interprétations sont incarnées .
Toutes les chansons « Pierrot » sont belles, et puis là, il y a aussi « Lulu », belle comme un « Pierrot ». C'est un triple album à prendre sans trier, quitte à se perdre dans « La rue de la soif », ….. dans le flot colérique de Damien Saez.

Damien Saez 2017 « Lulu » 

lundi 27 mars 2017

Brian Eno 2016/17







Des étendues, nappes à perte de vue, la lenteurs des éléments végétaux qui naissent à nouveau, Brian Eno revient dans un son biologique, comme avec "Small Craft on a Milk Sea".
"Sisters" et "Reflection" c'est l'heure du débourrement, des bourgeons fleurs ou feuilles, des veines de ligneux suçant les sols et poussent vers le haut tout ce qui va nous contenter d'ombre pour les zénith du soleil à venir.



Il est 6h30 heures au cadran de l'hiver, la nature s'égosille, le merle est en exctase. La lueur du jour après une nuit de "Reflection", avant la renaissance une fois de plus, chante et ondule "Sisters".



Deux nouveaux voyages sur deux ans, à quelques mois d'intervalle, Eno résonne toujours à l'orée du son des cellules et de la résurgence de nos pensées les plus fraîches.




Brian Eno
2016 "Reflection" label : opal limited
2017 "Sisters" label : generate music.

vendredi 24 mars 2017

Albin De La Simone 2017



Pas facile d'écrire un truc quand on trouve pas les mots, quand les siens vous clouent le museau et qu'ils disent tout à la place des vôtres.


L'humilité d'un chansonnier hors pair, la beauté des mots sur des airs plein de tendresse et de poésie.
Je crois avoir entre les oreilles, le plus bel album cette année de par ici. Son livret est un aveu  touchant, son processus créatif sur des mots simples, le studio Vogue... les destinations...le texte d'abord puis la musique... c'est un bavadrage rassurant, tout y est, y'a juste à poser l'écoute à travers ces confidences artistiques et sentimentales, des chansons parfaites d'un quotidien à fondre.

J'ai écouté trois fois le dernier album d'Albin De La Simone, puis j'ai lu quelques Lettres à Anne de François, 1964, est ce que ça existe le grand amour ? J'ai remis le dernier album d'Albin De La Simone en feuilletant le beau livre de "La nature silencieuse", des payages d'Odillon Redon, sa mine de plomb sur papier chamois.. j'ai sruté l' "Arbre" jusqu'à ce que s'éteignent la musique.




Albin De La Simone 2017 "l'un de Nous"  label : tôtoutard
http://www.albindelasimone.com 


mercredi 22 mars 2017

Expo'70 2006/2016





Elle a dû me pomper la moitié du sang, je ne peux plus bouger, la brûlure sur les tempes et la morsure sur le bulbe, je sens sa salive envahir mes cellules.
Un cataplasme à moutarde me pénètre les reins, si j'avais sû qu'elle s'appelait Astrionics, jamais je me serais étendu sur ce granit chaud, endormi par son haleine gingembre. Je vais exploser, pourtant je suis bien là à bouillir, à jaillir liquéfié.


Dix ans après la sortie du CdR, Expo'70 le trio infernal de space rock drone fuzzy experimental ressort son Exquisite en double album et cassette longue durée. Le morceau éponyme qui termine l'album est un long naufrage paradisiaque de 20 min. Je m'y suis échoué.




Expo'70 2006/2016 "Exquisite Lust" label :kill shaman




lundi 20 mars 2017

Monopsone 2017 : Orso Jesenska / Matthieu Malon / Erik Arnaud







La trinité sur le Pilat, trois volets s'ouvrent sur une même teinte, la grande lumière boit toutes les couleurs, aplanit le souffle chaud. Trois beaux auteurs de par ici ont répondu à l'invitation du label Monopsone, chacun de leur côté ils ont dessiné le paysage, et leurs créations se sont croisées sur la dune blanche. Un doux projet dressé par Orso Jesenska, Matthieu Malon et Erik Arnaud. 


La verve, la brûlure, la mélanolie, un soleil nucléaire a irradié les troncs de conifères. Juste passé la dune avec le large oublié, les grands arbres sombres s'ouvrent devant, l'eau, la sève, le sable, la forêt profonde...."Un monument exceptionelle et unique constitué de millions de petits grains de sable, un mastodonte en mouvement qui engloutit la forêt façonnée par l'homme : la dune du Pilat est une histoire en cours d'écriture, le fruit de la puissance destructive des éléments naturels et de l'action de l'homme. Quand Stéphane Merveille a arpenté ses pentes armé de son appareil photo, il a saisi toute la dimension poétique (voire prophétique) du lieu, en pensant aux artistes avec qui Monopsone souhaitaient écrire une nouvelle page du label en activité depuis plus de seize ans"."

C'est vachement bien par ici, ça chante de tout et d'ailleurs, c'est ouvert aux plus belles choses d'un petit endroit, pas loin de là, à quelques portées lumière de la main.


Des créations, des démos, des reprises (2 chacun), trois Eps comme un manège thématique. Des trois je connais un peu moins Erik Arnaud, et sa reprise improbable "Tous les cris les SOS" me plait beaucoup. C'est sûr Stéphane a fait des merveilles, et je me souviens du projet d'un autre label de par ici aussi Arbouse en Aveyron, avec le son collé à la pierre ancestrale.
"Les variations d'ombre" me sont venues biologiquement, comme les ballades naturelles qui allaient de soi, au creux de la dune, le large de l'autre côté, la forêt profonde devant moi.  "Sais-tu ce paysage où l'on meurt au matin "




Orso Jesenska "Les variations d'ombre"
Matthieu Malon "Peu d'Ombre près des Arbres Morts"
Erik Arnaud "Golden Homme"
label 2017 : Monopsone.

http://www.monopsone.com/   





https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2015/02/matthieu-malon-2014.html
https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2014/01/orso-jesenska.html
https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2015/05/orso-jesenska-2015.html

vendredi 17 mars 2017

In Gowan Ring 2017



 
Les griffes crayeuses sur l'ombre violette d'un bois sans âge est venue me tirer du cageot. Les yeux éblouis par la blancheur de l'écorce, je suis resté assis sur ce vieux billot mousseux à contempler la danse molle des ligneux qui vont souffler leur poussière sous la nouvelle lumière, une forêt de bouleaux.

Mes tempes blanchissent comme la peau de ces arbres qui n'en finissent pas de vieillir nos troncs.
Les grilles opalescentes me tiennent serrés au beau milieu d'un breuil blanc à faire pisser les naseaux, les noyaux en feu...across the univers.

In Gowan Ring 2017 « Visions of Shadows that Shine »

mardi 14 mars 2017

Thievery Corporation 2017




Cup of tea records et ses compilations, Planet E label et sa profondeur discographique, Klein records, les groupes Alpha, Zero 7, Lovage, Telepopmusik, Cinematic Orchestra, Planet E avec le sublime « Leaving you with this »... j'ai eu une grosse période Trip Hop, avec du super son tout neuf, de l'electronica métissé soft à passer à n'importe quelle heure, sans compter les piliers de comptoir qui ont bétonnaient le mouvement, Tricky, Archive, Massive Attack, Morcheeba et Portishead.
Festif, ambiant, reposant, sensuel et chaleureux, lounge, Troublemakers, Peace Orchestra, exotique comme St Germain, Gotan Project, Zenzile, Dr Alex Paterson's, Terrestre.... cette musique langoureuse est un patchwork papier peint vieillot ou pas.

 
J'ai ressorti tout ça le temps d'un week end, grace à une nouveauté « The Temple of I & I » de Thievery Corporation. Surement ce groupe résume tout ça, bossa nova. C'est en tout cas ceux que j'écoutais le plus souvent, « The Morror Conspiracy » et sa belle « Lebanese blonde ».

 

Fidèle duo américain Rob Garza et Eric Hilton sortent leur dixième album en exactement 20 ans de carrière et un seul label Eighteen Street Lounge Music. Très fortement d'inspiration reggae, ce brûlot d'un mouvement musical qu'on croiyait disparu vient emballer mes enceintes comme si elles n'avaient pas roulé des hanches depuis bien longtemps.
« Let the chalize blaze », typiquement du bon trip hop d'époque.


Thievery Corporation 2017 « The Temple of I & I » label : eighteen street lounge music